Ce mystère vieux de 3 millions d’années bouleverse tout ce qu’on croyait savoir

Date :

Un site de fouilles du Kenya vient de souffler un vent de panique joyeuse sur la préhistoire. Imaginez : des outils en pierre datés de près de trois millions d’années, retrouvés à Nyayanga, pourraient chambouler notre vision de l’évolution humaine. Et le plus savoureux dans cette histoire ? Ces outils n’auraient pas été l’œuvre de nos ancêtres directs mais d’un cousin éloigné, le Paranthropus. Accrochez vos mâchoires (larges ou non), le mystère de nos origines prend une toute nouvelle tournure !

L’extraordinaire découverte de Nyayanga

Sur les rives du lac Victoria, dans le sud-ouest du Kenya, le site de Nyayanga semblait n’être qu’un paisible amphithéâtre naturel. Entre 2014 et 2022, une équipe internationale dirigée par Thomas Plummer décide de s’y attarder… Et ressort les bras chargés de plus de 300 outils en pierre ! Les archéologues y découvrent aussi des fossiles d’animaux, dont des restes d’hippopotames découpés à la mode « boucherie préhistorique ».

Ce qui a immédiatement fait grimper la tension : la présence d’outils typiques de la technique oldowayenne (confectionnés pour découper, racler ou marteler). Surtout, ils reposaient dans des couches datées entre 2,6 et 3 millions d’années, soit bien avant les plus anciens outils oldowayens connus jusqu’alors, retrouvés à Afar (Éthiopie) et âgés de « seulement » 2,6 millions d’années.

  • Outils taillés dans le quartz et la rhyolite
  • Fragments tranchants pour découper la viande
  • Matériau de base et percuteurs

Autant dire que la boîte à outils de l’humanité gagne quelques rangs dans la vitrine du Musée de l’Évolution !

Paranthropus, star (inattendue) de la préhistoire ?

Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Certaines de ces trouvailles étaient soigneusement lovées à côté de fossiles de Paranthropus. Pour ceux qui ont raté les épisodes précédents : ce n’est pas un ancêtre direct du genre humain, mais une ligne collatérale à la mâchoire large et aux dents solides. On pensait justement que cette particularité lui permettait de manger sans outil, reléguant Paranthropus au rang des « cousins costauds mais pas fûtés des cailloux ».

Emma Finestone, paléoanthropologue au Musée d’histoire naturelle de Cleveland, confesse qu’elle hésitait à croire que Paranthropus pouvait s’adonner à l’art de la taille de pierre. L’hypothèse avait été jetée aux oubliettes, la faute à des idées reçues sur la supérieure intelligence du genre Homo, vrai outilleur officiel de l’histoire. À présent, elle capitule joyeusement : « là c’est bon, je change d’avis ».

En 2019, une équipe menée par Thomas Plummer découvre une dent de Paranthropus à Nyayanga. Quelques années plus tard, ils en trouvent une seconde, bien installée parmi les restes d’un hippopotame découpé. Serait-ce la signature du célèbre cousin, resté jusqu’ici dans l’ombre des Homo ?

Un bouleversement des théories sur l’émergence de la technologie

Même si les chercheurs préfèrent user de prudence (eh oui, Homo habilis et d’autres homininés trainaient aussi dans la région), la probabilité que Paranthropus soit l’artisan de ces outils est jugée forte.

Cette découverte anéantit joyeusement la vieille idée reçue selon laquelle seuls les ancêtres Homo auraient eu l’exclusivité de la pierre taillée ; elle repousse la date de la technique oldowayenne de plusieurs milliers d’années. Pour Bernard Wood, paléoanthropologue à l’Université George-Washington, autre point fascinant : le dépeçage méthodique d’animaux aussi massifs qu’un hippopotame à une époque où l’on pensait cela impossible. Intriguant ! Il n’est pas dit qu’ils chassaient ces géants – peut-être profitaient-ils simplement des cadavres trouvés – mais la trace archéologique, elle, est là.

  • Des outils oldowayens plus petits et plus légers : une mini-révolution technologique
  • Différents homininés (et pas seulement Homo) capables de tailler la pierre
  • Des outils répandus sur tout le continent africain (et même au-delà)

Neil Roach, biologiste à Harvard, rappelle aussi que d’autres singes, comme les capucins ou les grands singes actuels, fabriquent des outils. Quoi d’étonnant, donc, à ce que Paranthropus ait lui aussi joué les bricoleurs ?

Conclusion : Il va falloir redessiner notre arbre généalogique… avec des cailloux !

On l’aura compris : une vieille idée vient de tomber, et un pan entier de notre histoire évolutive prend un coup de jeune – ou de vieux, c’est selon. Reste à fouiller d’autres sites où Paranthropus pointe le bout de son fossile pour confirmer s’il fut bel et bien un pionnier de la taille de pierre. Une chose est sûre : la prochaine fois que vous ramasserez un caillou, pensez-y. Peut-être tenez-vous entre vos doigts l’héritage d’un bricoleur génial… mais à la mâchoire pas si fine !

Laisser un commentaire