Ce symptôme anodin dans la bouche doit-il vous inquiéter ? Découvrez l’alerte des médecins

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Vous pensiez qu’une petite gêne dans la bouche était forcément anodine ? Si une douleur, une gêne ou une boule persiste, mieux vaut prêter l’oreille à l’avertissement des médecins : certains symptômes apparemment banals peuvent révéler des maladies beaucoup plus graves. Alors, simple aphte ou signal d’alarme ? Plongée dans l’alerte des professionnels de santé sur les cancers ORL.

Les cancers ORL : un ensemble discret mais fréquent

On les appelle volontiers « cancers de la tête et du cou », mais ils ont aussi des surnoms plus savants, comme « cancers des voies aéro-digestives supérieures » ou tout simplement « cancers ORL ». Le principe ? Ce sont des cancers qui naissent quelque part entre le nez et la gorge, en passant par le chemin sinueux des sinus, la bouche, les lèvres et même les glandes salivaires. Bref, tout ce qui fait de nous de talentueux dégustateurs et de brillants orateurs !

Le chiffre peut surprendre, mais ces cancers concernent environ 15 000 nouveaux patients chaque année en France, ce qui en fait la cinquième forme de cancer la plus fréquente dans l’Hexagone. On est donc loin d’une exception ou d’un cas rarissime à raconter lors des repas de famille…

Quand le banal cache le sérieux : comment reconnaître les signes ?

Les médecins alertent car les symptômes des cancers ORL sont, pour la plupart, ceux auxquels on ne prête pas vraiment attention. Selon la Dre Maria Lesnik (Institut Curie), ces symptômes sont ressentis par tous les Français, plusieurs fois dans l’année. Ils ressemblent aux manifestations familières d’un rhume, d’une rhino-pharyngite ou même d’un épisode viral bénin. Rien de bien alarmant de prime abord, donc. Mais c’est précisément ce qui les rend parfois traîtres !

Vous avez repéré l’un de ces signaux :

  • Gêne persistante dans la gorge ou la bouche
  • Boule suspecte
  • Symptômes assimilables à une affection hivernale qui font de la résistance

Pas de panique immédiate : dans la plupart des cas, ce sera bénin. Toutefois, il existe une règle simple expliquée par la Dre Sophie El Bedoui, chirurgienne et coordinatrice du comité ORL au Centre Oscar Lambret : c’est la « règle du 1 pour 3 ».

Si vous présentez un de ces symptômes depuis plus de trois semaines, il faut consulter sans attendre votre médecin traitant. Un diagnostic précoce, c’est des chances de guérison nettement supérieures, car la tumeur est alors encore petite et localisée.

La région des Hauts-de-France mobilisée face à une recrudescence

Dans la région des Hauts-de-France, c’est une augmentation notable des cas de cancers ORL à des stades avancés qui a poussé les médecins du centre Oscar Lambret de Lille à passer à l’action. Ce centre, véritable référence nationale pour la gestion de toutes les tumeurs ORL et maxillo-faciales, a donc décidé de consacrer tout le mois d’avril à la prévention et au dépistage de ces cancers. Avec près de 700 nouveaux cas pris en charge chaque année et plus de 2200 séjours d’hospitalisation dans le département de cancérologie cervico-faciale, l’implication n’est pas un vain mot dans ce service…

Cancers ORL : les risques à surveiller

Mieux vaut connaître ses ennemis pour mieux les combattre. Vous l’ignorez peut-être, mais dans 75% des cas, ces cancers sont dus à la consommation de tabac (même en petite quantité, navré pour les « petits » fumeurs…) mais aussi à la consommation d’alcool.

  • Tabac
  • Alcool

Ce binôme, pris ensemble, multiplie le risque de cancer par sept. Oui, sept ! Ce n’est pas un hasard si nos médecins froncent les sourcils. Il existe aussi d’autres coupables : le papillomavirus humain (HPV), qui peut être à l’origine de cancers au niveau des amygdales ou de la base de la langue, et l’exposition professionnelle aux poussières ou aux fumées toxiques, qui augmente également le risque.

Conclusion : ne pas banaliser l’inhabituel

Un symptôme bénin qui s’éternise mérite toujours qu’on lui accorde attention. Comme le rappelle la célèbre « règle du 1 pour 3 », pas question de jouer les héros silencieux face à un signal inhabituel qui persiste depuis trois semaines ou plus. Diagnostic précoce, espoir de guérison maximum : la vigilance paye plus qu’un cachet pour la gorge ! Si un doute subsiste, une consultation rapide s’impose. Après tout, mieux vaut prévenir… que voir son miroir s’inquiéter aussi.

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