Ce trouble digestif méconnu ruine la vie de milliers de personnes sans le savoir

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Vous ballonnez, vous avez mal au ventre, vous êtes fatigué(e) et votre transit fait des siennes ? Et si ce n’était pas (juste) le syndrome du côlon irritable mais un trouble beaucoup plus discret et bien moins connu ? Attention : zoom sur le SIBO, ce trouble digestif méconnu qui pourrit littéralement le quotidien de nombreuses personnes sans qu’elles le sachent !

Le SIBO, qu’est-ce que c’est ?

Pas facile d’être intestin grêle au XXIe siècle ! Entre les festins improvisés, les régimes tendance, et la guerre permanente contre les bactéries, il y a de quoi perdre la boussole digestive. Le SIBO, ou small intestinal bacterial overgrowth pour les intimes – littéralement : “pullulation bactérienne de l’intestin grêle” – est une affection qui imite à la perfection les symptômes du syndrome du côlon irritable… tout en menant sa propre petite rébellion.

Voici les symptômes typiques qui, avouons-le, ne donnent pas envie de danser la lambada :

  • Gaz en rafale,
  • Ballonnements hors normes,
  • Diarrhée envahissante,
  • Douleurs abdominales diverses et variées,
  • Fatigue persistante,
  • Eventuelle perte de poids.

Mais le SIBO n’est pas un clone du côlon irritable. Il s’agit d’une maladie à part entière, qui mérite son lot d’attention.

Quand les bactéries font la fête au mauvais endroit

D’après le Pr Louis Buscail, chef du service de gastro-entérologie et de nutrition à l’hôpital Rangueil de Toulouse, le SIBO trouve son origine dans une prolifération anormale de bactéries dans l’intestin grêle, ce tube-chat perché entre l’estomac et le côlon. Normalement, elles y sont tolérées avec parcimonie. Mais quand elles font la bringue sans modération, ça dégénère !

En digérant les glucides, ces bactéries libèrent des gaz (hydrogène et/ou méthane). Résultat :

  • Ballonnements dignes d’une montgolfière,
  • Flatulences répétées,
  • Distension désagréable de l’intestin.

Cerise sur le gâteau (ou l’artichaut…) : elles transforment aussi les acides biliaires et les graisses digérées en véritables laxatifs, ce qui explique les problèmes de diarrhée liés au SIBO. On ne fait pas plus explosif côté digestion !

Mais pourquoi ça arrive ? La principale cause est un ralentissement de la mobilité de l’intestin grêle : les déchets y stagnent et fermentent plus que de raison. Plusieurs facteurs peuvent favoriser cette pagaille :

  • Antécédents de chirurgie digestive (ablation d’une partie de l’intestin, du côlon ou du pancréas, bypass gastrique),
  • Diabète,
  • Maladie de Parkinson,
  • Certains médicaments (notamment les dérivés de la morphine),
  • Rétrécissement ou anse de l’intestin grêle qui ralentit le transit.

Sibo, ou pas Sibo ? Place au « breath test »

Un doute ? Mieux vaut ne pas accuser le coup sans avoir enquêté. Le diagnostic du SIBO passe par le fameux « breath test » ou test respiratoire. Le principe : avaler à jeun un verre de glucose, puis souffler dans un tube toutes les quinze minutes (le marathon de la patience !). L’appareil connecté analyse alors les taux d’hydrogène et/ou de méthane dans l’haleine. Un pic de ces gaz ? C’est la signature du SIBO, à la différence du syndrome du côlon irritable. Bonne nouvelle : ce test est remboursé par l’Assurance maladie, mais il n’est proposé que dans certains centres hospitaliers dotés d’un service d’exploration fonctionnelle digestive (Caen, Rouen, Bordeaux, Montpellier, Nice, Lyon, Paris – Pitié-Salpêtrière, Bobigny…), donc mieux vaut se renseigner avant de souffler !

SIBO : traitement, récidives… et astuces diet’

Le traitement de choc repose sur une cure de dix jours d’antibiotiques à large spectre par voie orale (métronidazole, amoxicilline/acide clavulanique) ou bien une préparation hospitalière à base de colimycine et de gentamycine. Cette douche antibactérienne soulage et réduit les symptômes, mais, attention, elle n’enlève pas la racine du mal. Le SIBO peut donc revenir chatouiller vos intestins quelques semaines plus tard. Selon le Pr Buscail, dans près d’un tiers des cas, il faut envisager de reprendre le traitement régulièrement. Côté bonnes nouvelles, on observe généralement une disparition du trouble une fois la cure terminée. Le SIBO, la plupart du temps, ça va, ça vient !

Un autre allié potentiel ? Le régime pauvre en FODMAPs (ces fameux sucres fermentescibles cachés dans de nombreux aliments : céréales, artichaut, asperge, pomme, melon, légumes secs, laitage, etc.) peut nettement améliorer le confort digestif des patients SIBO, même si l’intolérance aux FODMAPs n’a pas de lien direct avec la maladie.

En conclusion : Si votre ventre crie SOS, inutile de souffrir en silence ou de tout mettre sur le dos du « stress ». En cas de doutes récurrents, osez demander un avis médical, soufflez dans le tube, et (re)prenez le contrôle de votre digestion. Parfois, la clé du bien-être intestinal se cache dans l’invisible… ou presque !

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