Faut-il vraiment jeter ses crottes de nez ? Les révélations déroutantes des scientifiques

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Qui n’a jamais été pris en flagrant délit avec l’index perdu dans la narine ? Rassurez-vous : vous n’êtes pas seul, loin de là. Mais faut-il en faire tout un drame ? Plus important encore : où diable doit-on jeter ses crottes de nez ? Plongeons sans tabou dans ce sujet aussi universel que méconnu !

Se curer le nez : une pratique naturelle (mais pas sans danger !)

Personne n’y échappe. En public ou sous la couverture de l’anonymat (bonjour l’habitacle de voiture !), nous nous fouillons tous dans le nez à un moment ou à un autre. D’ailleurs, même nos cousins primates s’adonnent à cette activité de “nettoyage”. Pourtant, la société n’est pas vraiment tendre avec les chercheurs d’or nasaux, imposant une stigmatisation tenace autour de cette habitude… humaine, trop humaine.

C’est d’ailleurs une manie que les enfants adoptent spontanément, la complémentarité doigt-narine semblant évidente avant que ne tombent les foudres des normes sociales. Mais se curer le nez ne revient pas à manipuler de la simple morve : c’est tout un univers microscopique, rempli de surprises – et pas les plus ragoûtantes.

Le mucus : super-héros discret des voies respiratoires

Derrière chaque crotte de nez se cache un formidable mécanisme biologique. Avec pas moins de 22 000 cycles respiratoires quotidiens, notre mucus nasal agit comme un bouclier. Il filtre la poussière et les allergènes bien avant qu’ils n’attaquent nos poumons, là où ils pourraient déclencher inflammations, asthme et soucis respiratoires sur la durée.

Ce précieux mucus, fabriqué par des cellules caliciformes à la forme très adaptée (merci la nature !), piège aussi virus, bactéries, particules toxiques (plomb, amiante, pollen…) afin de stopper l’invasion à la source. Grâce à ses anticorps et enzymes, il constitue la première barrière de notre défense immunitaire. Même notre cavité nasale possède son propre microbiome, une petite société bactérienne qui se bat – dans l’arène du mucus – pour repousser les envahisseurs. Parfois, l’équilibre est perturbé (bonjour rhinites et compagnie), mais la plupart du temps, cette armée microscopique nous protège des infections sans même réclamer de RTT.

Alors, devrions-nous remercier notre nez en l’aidant un peu ? Attention : moins on intervient, mieux il se porte.

Les risques cachés du doigt dans le nez

Évidemment, fouiller son nez, c’est aussi jouer à la roulette russe bactérienne. Pourquoi ? Parce que la poussière, les microbes et allergènes capturés par le mucus finissent invariablement dans notre gorge lorsque le mucus s’écoule. Si cela n’est normalement pas dramatique, cela augmente le risque d’exposition à certains horribles contaminants. Le plomb, par exemple – cette sympathique neurotoxine présente dans la poussière des maisons et même la terre de nos jardins – pénètre dans le corps des enfants surtout lorsqu’il est ingéré (devinez par quel chemin…)

Et ce n’est pas tout !

  • Le staphylocoque doré (Staphylococcus aureus), une bactérie capable de provoquer des infections allant du bénin au très grave, adore squatter dans nos narines. Des recherches montrent que se curer le nez favorise ce portage. Abandonner l’habitude permettrait donc de faciliter les stratégies de « décolonisation » du S. aureus.
  • Toujours lui, le staphylocoque doré, peut aussi migrer vers des plaies, s’y installer et causer de sacrés ennuis, d’autant plus que la résistance aux antibiotiques lui donne parfois le beau rôle. C’est pourquoi les médecins sont encouragés à discuter franchement des habitudes nasales de leurs patients et proposer des moyens pour endiguer ce réflexe pas si anodin.
  • Streptococcus pneumoniae ne fait pas mieux : il est à l’origine de pneumonies et peut également profiter de nos petits excavations pour se disséminer.
  • La rhinotillexomanie, ou l’art (malheureux) de se curer le nez compulsivement jusqu’à se provoquer des blessures internes, augmente les risques d’invasion bactérienne de façon dramatique.

Manger, étaler ou jeter : le choix des armes

Chacun sa méthode de “gestion des déchets”.

  • Certains optent pour la mucophagie : la dégustation de crottes de nez. Brrr… Outre le réflexe de dégoût, cela revient à avaler un cocktail de germes, métaux lourds et autres contaminants dont nous venons de parler. Bon appétit.
  • D’autres essuient leurs doigts souillés sur ce qui leur tombe sous la main, laissant un « cadeau » à découvrir. C’est aussi peu hygiénique que répugnant et une excellente façon de propager les microbes autour de soi.
  • Enfin, les plus raisonnables utilisent un mouchoir en papier avant de jeter leur butin dans une poubelle ou… les toilettes.

Si vous ne pouvez vraiment pas résister à l’appel du forage nasal, c’est la moins mauvaise option. Mais lavez-vous soigneusement les mains après : tant que votre mucus n’est pas sec (la science est formelle), les virus peuvent s’attarder sur votre peau.

Au final, se curer le nez reste un plaisir coupable universel et… profondément humain (qu’on le fasse en secret ou avec panache). Mais n’oublions pas le labeur acharné de nos nez et de leur mucus. Offrons-leur un peu de répit en adoptant des gestes réfléchis : mouchez discrètement, jetez votre mouchoir comme il se doit puis passez par la case lavage de mains. Votre nez – et celui des autres – vous dira merci !

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