Maladie de Steinert : ces premiers signes alarmants à ne surtout pas ignorer

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Apparition de troubles musculaires, fatigue inexpliquée, difficultés à desserrer le poing… Et si c’était la maladie de Steinert ? Cette affection rare, souvent silencieuse à ses débuts, mérite une attention particulière : mieux vaut reconnaître ses signaux d’alarme avant qu’elle n’impose ses règles dans votre quotidien…

Qu’est-ce que la maladie de Steinert ?

La maladie de Steinert, que l’on désigne aussi sous les noms de dystrophie myotonique de type 1 (DM1) ou myotonie de Steinert, appartient à la famille des maladies neuromusculaires. Vous n’en avez jamais entendu parler ? C’est « normal » (sans mauvais jeu de mots !), puisqu’elle est rare : elle concernerait environ une personne sur 10 000, soit 7 000 personnes en France. Hommes et femmes sont concernés, sans distinction.

Comme nous le rappelle Gérard Rivière, Président de l’association des Amis du Portail d’Information sur la Maladie de Steinert, il s’agit d’une maladie à la fois génétique et héréditaire. On pourrait la définir comme très invalidante sur le long terme et, cerise sur le gâteau (ou plutôt, caillou dans la godasse), elle est multi-systémique : nul besoin d’être égoïste, elle s’attaque à la fois aux muscles… et à divers autres organes !

Pourquoi ne faut-il pas négliger les premiers symptômes ?

C’est bien la question, car la maladie de Steinert ne fait pas dans la monotonie : elle s’exprime et évolue de manière très différente d’une personne à l’autre. Les signes d’alerte sont souvent sournois. Voici les principaux symptômes à surveiller :

  • Dystrophie musculaire : affaiblissement et fonte progressive des muscles, pouvant handicaper au quotidien.
  • Myotonie : difficulté à relâcher un muscle après contraction (essayez de desserrer les doigts d’un poing fermé, ce n’est pas toujours aussi simple qu’on le croit !).

Mais la maladie ne s’arrête pas là et peut faire de l’œil à d’autres systèmes :

  • Cœur : troubles du rythme cardiaque.
  • Système respiratoire : difficultés à respirer, toux, essoufflement, voire apnées du sommeil (bonjour les réveils en fanfare…). Résultat ? Une oxygénation du sang insuffisante et un excès de gaz carbonique.
  • Système nerveux central : troubles neurologiques comme l’hypersomnolence (envie de s’endormir partout, tout le temps) et parfois troubles cognitifs.
  • Système hormonal : dérèglement des glandes sexuelles, entraînant une baisse de la fertilité.
  • Œil : développement précoce d’une cataracte (adieu le regard de biche…).

Le hic ? La maladie prend des formes diverses selon l’âge d’apparition. On parle de formes « néonatales » (les plus graves, détectées dès la naissance), ou de formes « tardives ou asymptomatiques » où les signes sont plus discrets, même à l’âge adulte. Les membres d’une même famille peuvent donc la vivre très différemment !

Une maladie… qui se transmet comme une gueule de bois familiale

La transmission obéit à une règle d’école : c’est une maladie « autosomique dominante ». En clair, si un seul des deux parents est porteur, il y a un risque sur deux pour chaque enfant d’hériter du « bug ». Précision importante : cette maladie n’est jamais contagieuse – non, pas la peine de fuir à l’autre bout de la table familiale !

Quelle est la source du problème ? Tout provient d’une anomalie génétique sur le chromosome 19, affectant le gène codant pour une enzyme nommée DMPK (Dystrophie Myotonine Protéine Kinase). Dans le détail, le souci vient d’une répétition anormale de trois lettres de l’ADN. Il s’agit là d’une séquence répétée entre 50 et plusieurs milliers de fois ! Malheureusement, plus ce nombre est important, plus les symptômes apparaissent tôt et sévèrement. Fait notable : il est fréquent que le nombre de répétitions s’accentue de génération en génération, aggravant chaque fois la maladie.

Personne ne sait encore pourquoi la toute première mutation génétique survient dans la famille – mystère (presque) total. Et, répétons-le, seules les transmissions génétiques sont possibles.

Diagnostic et suivi : ce qu’il faut savoir

La maladie de Steinert est suspectée en présence de symptômes évocateurs, ou si l’on retrouve des cas dans la famille. Pour confirmer le diagnostic :

  • Analyse génétique : après une simple prise de sang, l’anomalie peut être détectée.
  • Électromyogramme (EMG) : cet examen mesure l’activité électrique des muscles et peut aider.

En l’état actuel de la science, impossible de corriger l’anomalie génétique directement (aucune pilule magique en vue). Les traitements sont donc concentrés sur la prise en charge pluridisciplinaire des symptômes. Par exemple, en cas de troubles cardiaques, l’implantation d’un pacemaker, appelé aussi « pile cardiaque », peut s’avérer nécessaire lorsque le cœur fait des siennes et que son stimulateur naturel ne remplit plus sa mission.

En conclusion : la maladie de Steinert impose sa loi de façon imprévisible. Pour ne pas se laisser surprendre, mieux vaut être attentif aux signes inhabituels, surtout si des antécédents familiaux existent. Si le doute s’installe, une seule consigne : parlez-en sans attendre à un professionnel de santé !

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