“Mon enfant marche sur la pointe des pieds” : faut-il vraiment s’inquiéter ?

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Votre enfant s’essaye-t-il à devenir petit funambule ou danseur étoile avec sa démarche sur la pointe des pieds ? Avant de sortir la loupe et d’appeler en panique tous les spécialistes du coin, rassurez-vous : la marche en équin (pour briller en société), c’est avant tout une curiosité du développement infantile. Mais alors, faut-il vraiment s’inquiéter ou juste chausser des pantoufles plus épaisses ?

Apprentissage de la marche : entre émerveillement… et inquiétudes parentales

L’apprentissage de la marche représente un tournant crucial pour les jeunes enfants mais aussi… pour le rythme cardiaque des parents, souvent mis à rude épreuve ! La découverte que l’enfant préfère trottiner sur la pointe des pieds inquiète de nombreux adultes, et finit parfois par les amener en consultation chez le pédiatre. Il faut donc dédramatiser : cette façon de se déplacer est très courante, et la plupart des jeunes enfants commencent à marcher entre 12 et 14 mois en posant naturellement les pieds à plat, mais certains choisissent une trajectoire plus haute… au-dessus du parquet !

Marche sur la pointe des pieds : normal ou inquiétant ?

Cette fameuse démarche sur la pointe des pieds porte le joli nom de ‘marche en équin’, et elle est, dans la majorité des cas, une manière temporaire d’apprendre à marcher. D’après le docteur Christian Mourin (lui, aussi a eu son lot de questions parentales), il s’agit d’une attitude très courante et transitoire au début de la marche, souvent constatée jusqu’aux alentours de 3 ou 4 ans. Tant que, de temps en temps, l’enfant pose bien ses jolis petons à plat au repos, il n’y a pas de quoi se ronger les ongles !

  • La plupart des enfants vont « redescendre » spontanément sur leurs pieds plats ; cette tendance disparaît normalement avant six ans.
  • Pas de panique avant 18 mois : nombreux sont ceux à marcher ainsi durant la petite enfance.
  • L’alerte n’est lancée que si la marche sur la pointe persiste au-delà de quatre ans, ou si elle n’a pas toujours été présente depuis le début de la marche.

À noter : si malgré sa démarche, l’enfant reste stable, saute, grimpe et circule sans gêne ni douleur, il n’y a aucune raison de s’inquiéter. Reposez donc ce café anxiogène !

Quand surveiller d’un peu plus près ?

Évidemment, toutes les pointes ne sont pas « inoffensives ». Si la démarche en équin persiste après six ans, cela peut engendrer des soucis plus sérieux, comme une rétraction du muscle triceps (ça, ce sont les mollets qui râlent), menant à de la gêne et une fatigue accrue à la marche. Le suivi médical devient alors capital.

  • Le pédiatre examine d’abord la souplesse de la cheville.
  • En cas d’anomalie, des spécialistes comme un médecin de rééducation ou un chirurgien orthopédiste peuvent être sollicités pour des examens approfondis.
  • Si la flexion du pied sur la jambe diminue de façon anormale (de 20° à 5°), un port de botte de contention nocturne et des séances de kinésithérapie peuvent être prescrits pour normaliser la flexion.

Dans de rares cas, cette façon de marcher peut signaler une spasticité (pour les amateurs de termes médicaux), liée à des troubles neuromusculaires, voire une atteinte des circuits nerveux de la commande motrice. Le rôle du pédiatre est alors d’écarter ces anomalies dès l’âge de deux ans.

Une vigilance accrue est aussi observée pour dépister tôt un éventuel autisme : des médecins, plus vigilants aujourd’hui qu’auparavant, tiennent à ne pas négliger ce signe si d’autres sont associés, comme des stéréotypies motrices ou des mouvements de danse tourbillonnante.

En résumé : faisons redescendre la tension !

La marche sur la pointe des pieds chez le jeune enfant ? Drôle en apparence, source d’angoisses dans la réalité. Mais dans la majorité des cas, cette aventure podologique reste sans conséquence ! Tant que votre enfant pose parfois ses pieds à plat, se meut avec aisance et ne se plaint pas, il n’y a pas de quoi y perdre votre sommeil. Un suivi régulier avec le pédiatre, conseillé tous les six à sept mois, permet de surveiller l’évolution de la démarche et d’écarter tout problème sous-jacent. On se détend (autant que possible), on range les scénarios catastrophes… et on admire la grâce naturelle de nos apprentis marcheurs !

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