Pourquoi les bébés nordiques dorment-ils dehors même en plein hiver ? La raison choque

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Ça semble presque irréel pour un œil non averti : des bébés profondément endormis dans leur landau, à l’extérieur, au beau milieu de températures glaciales… Pendant que leurs parents savourent leur café chaud. Et pourtant, dans le nord de l’Europe et au-delà, cette image n’a rien d’exceptionnel ! Alors, pourquoi diable les bébés nordiques dorment-ils dehors en plein hiver ? Et surtout… est-ce qu’ils s’en plaignent ?

Un vieux remède de Viking qui a la vie dure

Au Groenland, en Finlande, Suède, Danemark, dans les Pays baltes ou en Russie, la tradition est solidement installée. On croise sans sourciller des landaus sagement rangés sous la neige, des couffins sur les balcons (pas la peine d’appeler les services sociaux), ou carrément devant les cafés, tandis que les adultes s’offrent une pause caféinée. On appelle cela la « sieste nordique ».

Mais, loin d’être la dernière tendance Instagram, la sieste nordique prend racine dans une généalogie bien plus ancienne : autrefois, il s’agissait de soustraire les enfants aux « espaces sombres et insalubres, empestant le poisson fumé et le feu de bois » que représentaient les igloos. Puis, dans les années 1940, la Suède et la Finlande l’encouragent pour tenter de lutter contre la mortalité infantile et améliorer la qualité de l’air, souvent médiocre, dans les maisons d’alors. Comme le dit Petur, Islandais de 38 ans, « c’est une pratique qui remonte à loin quand les maisons traditionnelles étaient en tourbe et mal aérées, que la cuisine se faisait à l’intérieur à feu couvert. Il était considéré comme plus judicieux de mettre les enfants dehors ».

Un bébé dehors, oui, mais pas de n’importe quelle façon

Les parents nordiques ne sont pas inconscients pour autant. Avant de proposer à leur progéniture un bol d’air bien frais, ils prennent soin de les emmitoufler dans plusieurs couches de laine, bonnets, moufles… rien ne résiste à l’épreuve du froid ! En Laponie, la couverture en peau de mouton ou de renne est une star. Et par sécurité, les bébés sont toujours à portée de regard.

  • Emmaillotage en laine multiple
  • Bonnets et moufles de rigueur
  • Peaux de moutons ou de rennes selon les régions
  • Surveillance parentale constante

Un détail qui rassure quand on découvre que la température idéale pour cette fameuse sieste oscille autour de -5 °C ! Selon Marjo Tourula, chercheur finlandais, sous ce seuil de -5 °C, il vaut mieux limiter la sieste à trois heures — question d’éviter que bébé ne se prenne pour un esquimau de compétition.

Le grand air : secret des bébés super-immunisés ?

Mais alors, quels sont les résultats de cette sieste à la nordique qui fait tiquer quiconque n’a pas grandi près du cercle polaire ? D’un point de vue santé, la pratique aurait plus d’un avantage dans sa poche. Elle renforcerait les défenses immunitaires, réduirait les risques de toux, rhumes et infections. Mieux : la qualité et la durée du sommeil s’en trouveraient améliorées ! Marjo Tourula note que l’emmaillotage, couplé à l’air vivifiant, augmente la durée de sommeil et aide les enfants à se rendormir seuls (si seulement ça valait aussi pour les parents…).

Selon Tore Keller, journaliste danois, « de génération en génération, on se dit que cette façon de faire permet à nos enfants d’être armés contre les rudesses de l’hiver et, symboliquement, contre celles de la vie ».

Même le fameux bruit ambiant extérieur joue un rôle : loin du silence absolu du berceau capitonné, les bébés s’endorment volontiers bercés par les sons doux et répétitifs de l’extérieur. Comme le rappelle Nathalie Schittekatte, coach en sommeil, « le silence complet est étrange pour un bébé : dans le ventre de sa mère, il y avait beaucoup de bruit ».

Une pratique qui se répand… et des résultats bluffants

Cette habitude séculaire a même migré hors des pays nordiques ! Des crèches à Brest, à Saint-Maur-des-Fossés, ou à Gand et Tongres en Belgique adoptent désormais la sieste dehors. Clémentine Le Reun, responsable de la crèche Jean-de-La-Fontaine, confirme : « La sieste à l’extérieur réduit les risques de maladie ». Son collègue belge Geert Derwael surenchérit : « Beaucoup de nos bébés dorment mieux dehors. Même les dormeurs difficiles succombent aux charmes de la nature et pleurent moins. Nous avons même constaté qu’un enfant asthmatique avait besoin de moins de médicaments pendant son passage chez nous ; en vacances à la maison, le médecin a dû lui en redonner ».

La logistique suit : ces crèches utilisent parfois des « maisons de sommeil pour bébé » (de petites boîtes sur pieds, moustiquaire en prime) et vérifient toutes les quinze minutes que tout va pour le mieux dans le meilleur des parcs.

Qui aurait cru qu’un bébé scandinave, bien au chaud dans sa combi, aurait autant de choses à nous apprendre sur le sommeil et la santé ? Alors, la prochaine fois que vous passez devant un landau dehors en hiver, retenez-vous de crier « Au secours ! » et demandez-vous : et si nos vikings avaient raison depuis le début ?

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