Ce signe discret du cancer de la prostate que trop d’hommes ignorent

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Invisible, discret, silencieux… Non, il ne s’agit pas de la dernière technique d’espionnage, mais bien du cancer de la prostate, ce trouble qui concerne plus d’hommes qu’on ne l’imagine et sait trop souvent passer inaperçu. En France, il est le cancer le plus fréquent chez la gent masculine, causant le décès de 8 000 hommes chaque année : soit un décès toutes les heures. Pourtant, la majorité des hommes ignorent les signes qui pourraient les alerter. Levons le voile sur ce mal discret qui mérite toute notre attention.

Le cancer de la prostate : un ennemi silencieux et fréquent

  • 50 000 nouveaux cas recensés chaque année en France
  • Plus de 8 000 décès chaque année
  • Un cancer qui touche principalement les hommes au-delà de 65 ans, avec un âge moyen de survenue autour de 68 ans

On comprend vite que l’on parle d’un fléau qui ne fait pas de bruit, mais cause bien des ravages. Et pour ne rien arranger, le cancer de la prostate se glisse souvent sans crier gare dans la vie de l’homme, car, comme l’explique le Dr Natacha Naoun, oncologue spécialisée à Gustave Roussy, « au départ, le cancer de la prostate est souvent asymptomatique ». Difficile donc de le détecter tôt sans une vigilance accrue.

Des signes trop discrets (voire inexistants…)

Il faut bien l’avouer : la discrétion est la marque de fabrique du cancer de la prostate, surtout à ses débuts. Pourtant, certains signaux – aussi faibles soient-ils – peuvent mettre la puce à l’oreille :

  • Difficultés à uriner
  • Saignements lors de la miction
  • Signes digestifs (du fait de la proximité de la prostate avec le rectum, mais cela reste rarissime si le cancer n’est pas étendu)

Mais, attention, ces symptômes sont davantage décelés lors d’un bilan pour troubles urinaires ou lors du dosage du PSA (antigène spécifique de la prostate). Justement, il faut rappeler que la prostate située sous la vessie – soupçonnons-la donc un peu lorsqu’une envie trop fréquente d’uriner, l’impression de ne pas vider la vessie « jusqu’à la dernière goutte », ou encore des difficultés pour uriner se manifestent. Mais… ce n’est pas toujours synonyme de cancer.

« La prostate est une glande qui a tendance à prendre du volume avec l’âge. C’est un phénomène normal, appelé adénome ou hypertrophie bénigne de la prostate », précise le Dr Naoun. Eh oui, l’adénome est souvent la cause principale des symptômes urinaires, mais il est bénin et sans lien direct avec le cancer.

En cas de troubles urinaires, une visite chez le médecin s’impose. Parfois, la recherche d’un adénome permettra fortuitement de découvrir une tumeur grâce au dosage du PSA ou à l’analyse des tissus.

Dépister sans s’angoisser… mais sans se reposer sur ses lauriers

Alors, faut-il attendre les symptômes pour consulter ? « Surtout pas! » répond le Dr Naoun. Il est conseillé à tous les hommes de discuter avec leur médecin du dépistage du cancer de la prostate dès 50 ans et même avant (dès 40-45 ans) pour ceux qui ont des antécédents familiaux ou des origines africaines/afro-caribéennes. Et cerise sur la prostate, lors de cette consultation, mieux vaut signaler les cas de cancer (prostate, sein, ovaire, pancréas) dans la famille, histoire d’anticiper les éventuels risques héréditaires.

Côté dépistage, inutile d’attendre un programme national comme pour le cancer du sein chez la femme : ici, c’est du cas par cas, chaque homme discutant avec son médecin de la nécessité du dosage PSA. Et d’ailleurs, ce dosage n’est pas un verdict définitif : « Son augmentation ne signifie pas à 100% qu’il y a un cancer, il peut aussi être élevé lors d’inflammation de la prostate », explique le Dr Naoun. Si le PSA grimpe, une re-vérification s’impose, puis éventuellement des examens : toucher rectal, IRM, biopsies… Rien de très glamour mais c’est pour la bonne cause.

Quand la maladie progresse : des signes enfin visibles

Si la maladie avance, elle peut finir par se manifester plus bruyamment… mais pas toujours de la manière la plus spécifique :

  • Douleurs, surtout osseuses (les os étant le premier site de métastase du cancer de la prostate)
  • Fatigue persistante
  • Perte de poids ou de l’appétit
  • Altération de l’état général

Précisons cependant, pour ceux qui aiment avoir mal pour se rassurer (on vous voit), qu’il « n’y a pas de douleur spécifique au cancer de la prostate » : il ne faut donc pas attendre d’avoir mal pour consulter. Si, au fil du temps, ces signes apparaissent, cela peut évoquer une forme avancée voire métastatique, mais ils sont tout sauf spécifiques à la prostate et peuvent signer d’autres cancers, surtout à un âge où le risque est déjà plus élevé.

En conclusion : méfiez-vous du silence de votre prostate ! N’attendez pas les symptômes ou la douleur manifeste pour entamer le dialogue avec votre médecin. À partir de 50 ans (ou plus tôt en cas de facteurs de risque), un simple rendez-vous peut déjà faire la différence. Ne laissez pas ce cancer discret vous prendre au dépourvu : anticipez et, surtout, informez-vous. Après tout, la meilleure arme contre l’ennemi invisible reste encore la vigilance.

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